ANGKOR
L’empire oublié – Les plus beaux temples du complexe religieux le plus vaste au monde
Considéré comme l’une des 7 merveilles du monde et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le complexe d’Angkor est un de ces lieux dont le nom seul évoque majesté et grandiose. Avec ses 400 km2 et ses plus de 1000 temples, c’est le plus grand édifice religieux au monde. Le visiter étonne par la puissance et le génie des bâtisseurs de l’empire khmer, lorsque la richesse et la gloire en faisaient l’une des plus puissantes nations d’Asie du Sud-Est et que ses souverains inspiraient crainte, respect et admiration chez tous les peuples environnants. Certains temples comme Angkor Wat sont en bon état, d’autres comme Ta Prohm ne tiennent plus que grâce aux racines des végétaux qui les maintiennent en place, mais où que l’on soit sur le site, les échos d’une époque révolue viennent murmurer dans nos oreilles er l’on se surprend à s’abandonner à la nostalgie d’une période lointaine, lorsque les pierres étaient entières et que les rois Khmers régnaient sur cette terre.
Comment lire ce blog ?
On te rassure, notre blog n’est pas bien compliqué à lire. On a juste décidé de classer les activités et les lieux qu’on recommande en fonction de 6 catégories que tu peux retrouver tout au long de l’article sous le titre de l’activité ou du lieu en question.
Incontournable
Très populaire et iconique, ce lieu / activité est très apprécié(e) des voyageurs et, par conséquent, souvent touristique.
Historique
Ce lieu / activité a une forte importance historique, que l’on ressent pleinement en le visitant.
Coup de Coeur
Le lieu / l’activité que nous avons le plus apprécié, pour une raison ou pour une autre, et que nous recommandons fortement.
Intime
Ce lieu / activité est peu touristique, voire hors des sentiers battus, et permet d’en profiter en toute intimité.
Nature
Ce lieu / activité qui se déroule en pleine nature permet de se resourcer à l’écart de l’animation urbaine.
Sportif
Ce lieu / activité demande une bonne condition physique et/ou un effort soutenu.
Avis aux voyageurs : Nous tenions à rappeler que tout ce qui est écrit dans cet article relève uniquement de notre jugement, et ne doit pas constituer une généralité ou une vérité inébranlable. Chacun a le droit d’exprimer son opinion, et chacun perçoit les évènements à sa façon. Libre à toi, lecteur, d’apprécier notre avis comme bon te semble 😊.
Pour une expérience optimale, n’hésite pas à lire notre blog sur un ordinateur.
Dernière mise à jour le 28 octobre 2025
Temps de lecture : 15 minutes
QUELS TEMPLES VISITER à angkor ?
Sommaire

PETIts tips pour préparer ton voyage
L’un des nombreux sentiers du complexe d’Angkor Wat.
Comment se rendre à Angkor ?
Le site d’Angkor se trouve à proximité de Siem Reap, seconde ville du pays. S’y rendre depuis cette dernière dépend donc de la façon dont tu comptes visiter les temples (on te donne toutes les infos à ce sujet plus bas dans cet article).
Pour accéder à Siem Reap, qui est clairement une ville tournée vers le tourisme, plusieurs options s’offrent à toi :

En avion
L’aéroport de Siem Reap Angkor International (SAI) se trouve à une petite heure du centre-ville. Il est desservi par quelques vols internationaux depuis les pays voisins comme Singapour ou Bangkok, mais ces derniers ne sont pas réguliers et n’ont pas lieu tous les jours.
L’option du vol interne est aussi envisageable. L’aéroport est relié à ceux de Phnom Penh et Sihanoukville en 1h environ. On te recommande de passer par Air Cambodia, c’est la compagnie que nous avions choisi et le trajet s’est très bien passé.



AVIS AUX VOYAGEURS
L’aéroport de Siem Reap est tout récent, alors attention à ne pas le confondre avec l’ancien aéroport Siem Reap International Airport, qui est aujourd’hui fermé. Tu peux trouver l’emplacement du nouvel aéroport juste ici.

En mini-bus
Le mini-bus est sans doute le moyen le plus économique pour se rendre à Siem Reap. La ville est touristique et est donc reliée à de nombreuses autres cités à travers le Cambodge. Il existe beaucoup de compagnies de bus et mini-bus, donc on te conseille de réserver tes billets sur 12Go Asia, la référence en matière de transport en Asie. Les trajets coûtent généralement entre 8€ et 14€ par personne. Côté temps de trajet, ça donne à peu près ça :
Depuis Phnom Penh : 6h de route
Depuis Sihanoukville : 8h de route
Depuis Battambang : 3h de route
Depuis Kampot : 8h de route




Le lac Tonlé Sap (haut-gauche), le temple de Wat Ek Phnom à Battambang (bas-gauche), le Palais Royal de Phnom Penh (haut-droite) et une plantation de poivre à Kampot (bas-droite).
Combien de temps passer à Angkor ?
Tout dépend de ce que tu veux y faire. Si tu aimes les temples, tu peux facilement passer 4-5 jours à explorer le site de fond en comble, il y a beaucoup de diversité parmi les édifices et chacun d’entre eux est unique à sa façon.
Si tu veux juste voir les principaux temples ou que tu n’as pas trop le temps, 1 ou 2 jours suffisent pour avoir un bon aperçu du complexe religieux. Nous n’y avons passé qu’un jour faute de temps, mais selon nous, visiter le site d’Angkor en 2 jours nous paraît être un bon compromis.
Il existe 2 circuits classiques à répartir sur les deux journées :
- Le Grand Tour
- Le Petit Tour (celui que l’on a fait et que l’on décrit dans cet article)
Et si tu loges à Siem Reap, n’oublie pas d’aller chekcer cet article sur tout ce qu’il y a à voir autour, en plus d’Angkor.


Quand partir à Angkor ?
Comme le reste du Cambodge, Angkor est soumis au rythme de la mousson. Il y a donc deux saisons :
- De novembre à mai : c’est la saison sèche. Les températures sont plus élevées mais il ne pleut que très peu.
- D’avril à octobre : c’est la saison des pluies. L’humidité est plus étouffante et les pluies sont fréquentes et souvent violentes et orageuses.
On aurait tendance à croire que la meilleure période pour visiter Angkor est la saison sèche, mais comme de nombreux temples ne sont pas ombragés et que les températures peuvent vite grimper, tu risques de beaucoup souffrir de la chaleur et de ne pas bien profiter du site. En outre, c’est le moment où l’affluence touristique est au plus haut, et où la végétation autour est moins verdoyante (tu ne verras presque pas de mousse sur les pierres et l’herbe virera plus sur le jaune). Les mois idéals pour visiter Angkor sont plutôt les mois d’octobre et novembre, à la fin de la saison des pluies, lorsque les averses sont beaucoup moins fréquentes (il ne pleut généralement que la nuit et en fin de journée).
Où dormir près d'Angkor ?
Les temples d’Angkor se situent à proximité de Siem Reap, deuxième ville du pays qui est également dotée d’une offre importante d’hébergement et de restauration. Tu y trouveras globalement pour tous les prix, bien que ce soit un peu plus cher que dans le reste du Cambodge. Il n’y a pas d’autre option de logement pour visiter Angkor, le site étant strictement réservé à la visite.
Cette fois-ci on s’est fait plaisir, puisque l’on a logé au Sala Lodges, un hôtel 4 étoiles situé un peu à l’écart de la ville. Tu y dors dans de charmantes maisons traditionnelles en bois sur pilotis aménagées dans un magnifique jardin luxuriant avec piscine et restaurant. La nuit n’est pas donnée, mais le cadre est vraiment sympa. Comme à Battambang, le propriétaire est français.


Carte de Siem Reap et ses environs
Le complexe d’Angkor est vaste, très vaste. Pour t’aider à visualiser Siem Reap et ses environs, tu peux télécharger notre carte gratuitement 😉.

Les plus beaux temples d'ANGKOR
Angkor Wat, le plus célèbre des temples d’Angkor.
Angkor, du rayonnement à l'oubli
L’empire khmer apparaît au VIIIe siècle, il y a 1300 ans, lorsque les nombreux petits royaumes du centre du Cambodge sont unifiés par le roi Jayavarman II sous une seule et même nation (ne t’inquiètes pas on ne va pas te demander de retenir les noms 😉). À partir de ce moment, les souverains qui suivent vont tour à tour contribuer à la construction et au renforcement d’une cité monumentale qui deviendra le coeur du pouvoir de l’empire khmer durant près de 7 siècles : Angkor.
La cité d’Angkor est étonnante à bien des égards. Son système d’irrigation est révolutionnaire : composé d’immenses bassins faisant office de réservoirs d’eau, appelés barays, et de centaines de canaux, la précieuse ressource peut être transportée partout dans la ville, une fonction bien utile pour lutter contre les caprices de la mousson qui enchaîne sécheresses et inondations. Grâce à cette technologie, l’empire khmer devient une terre prospère où le riz coule à flot, le hissant au passage à une nation de premier rang.
Sa population, riche et bien nourrie, écrase sans problème ses adversaires. Siams (thaïlandais), Viets, Chams, tous ploient sous l’expansion massive et rapide des Khmers, si bien qu’au XIIe siècle, sous le règne du célèbre conquérant Suyarvaman II (qui fut d’ailleurs le bâtisseur d’Angkor Wat), l’empire s’étend sur tout le Cambodge, ainsi qu’une grosse partie du Laos, de la Thailande et du sud du Vietnam actuels.


A l’origine hindouiste, l’empire khmer change pacifiquement de religion sous le règne du roi Jayavarman VII à la fin du XIIe siècle pour devenir une nation bouddhiste. Les temples sont agencés pour accueillir les pélerins des deux confessions, transmettant ainsi des messages de respect et de tolérance qui sont si chers au bouddhisme. Ce même souverain entreprend de grandes réformes dans l’empire : il fait construire des nombreuses infrastructures telles que des ponts, des routes, des gîtes et même des hôpitaux pour structurer et organiser les territoires et surtout la grande ville d’Angkor Thom, cité qu’il a considérablement étendue et développée sur presque toute la zone d’Angkor, si bien qu’elle devient au Moyen-Âge la ville la plus peuplée au monde, avec une population comprise entre 700,000 et un million de personnes.
C’est à peu près durant cette période que se construisent les plus grands temples dont on peut toujours voir les vestiges aujourd’hui sur le site d’Angkor : Angkor Wat, Ta Prohm, Bayon… La puissance de l’empire khmer est à son apogée. Il faut s’imaginer une ville gigantesque, dont les rues aujourd’hui enfouies sous la végétation étaient bordées de milliers de petites habitations et fermes en bois, et dont les temples et monuments sont recouverts de peinture, voire parfois même de feuilles d’or. Malheureusement, il n’y actuellement que des vieilles pierres donc il peut être difficile d’apercevoir les traces de ce passé glorieux.



On a du mal à s’imaginer que ces ruines faisaient partie d’une immense cité médiévale.
La question que tout le monde se pose maintenant, c’est celle-ci : Comment se fait-il qu’un empire aussi grand et aussi puissant que celui d’Angkor ait pu disparaître de la mémoire des Khmers pendant plusieurs siècles ? Le sujet divise, mais il semblerait qu’une combinaison de facteurs et de mauvaises circonstances ait fini par avoir raison des Khmers. Après son apogée aux XIIe et XIIIe siècles, la puissance de l’empire commence à décliner. Les canaux et barays qui en faisaient autrefois une nation agricole efficace ne sont plus entretenus et s’ensablent, causant une forte baisse de la production de riz, accentuée encore davantage par des épisodes de sécheresse sans précédent qui frappent tout l’empire et affaiblissent la population. La nouvelle religion, le bouddhisme, bien que tolérante et respectueuse, n’a pas le côté agressif et conquérant de l’hindouisme, ce qui démotive les troupes et n’incite pas les souverains khmers à la conquête et la guerre. Et pour couronner le tout, le royaume siam d’Ayutthaya, en actuelle Thailande, maintient une pression militaire constante et harcèle les Khmers, grappillant petit à petit du terrain, jusqu’à atteindre la capitale Angkor Thom en 1431. Le pillage de la ville signe la fin de son rayonnement dans toute la région. Le pouvoir central de l’empire est déplacé dans le sud, à Phnom Penh, l’actuelle capitale, pour favoriser le commerce fluvial, et la ville d’Angkor est peu à peu abandonnée.
Durant les siècles qui suivent, la jungle recouvre progressivement tous les édifices, rongeant le bois et dégradant les pierres qui n’avaient pas déjà été enlevées par les Siams, et Angkor tombe dans l’oubli. Ce n’est qu’en 1860 qu’il n’est redécouvert par des explorateurs européens comme Henri Mouhot. L’architecture raffinée et l’immensité du site fascine alors le monde entier et d’importantes rénovations sont menées notamment par les Français, jusqu’à l’inscription du site au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO en 1992.
Si tu veux en savoir plus sur l’histoire du Cambodge, jettes un coup d’oeil à cet article 😉.
Comment visiter les temples d'Angkor ?
Il existe trois types de billets d’accès au site d’Angkor :
- Pass 1 jour : 37$ par personne, valable une journée.
- Pass 3 jours : 62$ par personne, valable une semaine.
- Pass 7 jours : 72$ par personne, valable un mois.
Le ticket d’entrée d’Angkor peut être acheté ici.
Le site d’Angkor s’étend sur 400 km2 et compte pas moins de 1000 temples, il est donc facile de se perdre dans l’immensité du plus vaste complexe religieux au monde. Et comme le site est très grand, s’y déplacer peut être un vrai challenge. Plusieurs options s’offrent alors à toi :

Louer un vélo
Tu trouveras de nombreux loueurs de vélo très abordables à Siem Reap. Attention cependant aux fortes chaleurs sur les routes qui ne sont pour la plupart pas ombragées. Comme le site est majoritairement plat, tu n’auras pas trop de difficulté à te déplacer. Pense juste à prendre un plan avant ou à télécharger notre carte des principaux temples car le réseau passe mal 😉.

Louer un scooter
On ne sait pas si les étrangers sont autorisés à rouler dans le complexe en scooter, mais on a vu beaucoup de locaux alors ça doit se faire. C’est plus pratique et plus rapide que le vélo, mais c’est un peu plus cher.



Les fromagers font partie intégrante du décor de Ta Prohm.

Avec un chauffeur privé
Évidemment, si tu ne veux ni pédaler ni conduire, tu peux commander un chauffeur privé pour la journée, soit avec un van, soit avec un tuktuk (moins cher). Tu peux essayer sur les applications Grab ou PassApp, ou voir directement auprès de ton hôtel.

Avec un guide
On n’est pas trop fan des excursions organisées habituellement, mais avoir un guide à Angkor s’impose comme la meilleure façon de visiter les temples. Il n’y a presque pas de panneaux pour t’expliquer l’histoire des lieux et le site est immense, alors écouter des explications précises et détaillés tout en se laissant guider par un professionnel qui connaît le complexe comme sa poche est très agréable. Évidemment, ça représente un budget mais franchement, ça vaut le coup !
Nous sommes passés par Get Your Guide pour réserver l’excursion.
Angkor Wat, la silhouette du géant
Incontournable
Historique

Temps de visite : 2h
Angkor Wat, le « temple de la cité » en khmer, est sans aucun doute le temple le plus célèbre du monde. Ses cinq tours iconiques, dont la silhouette figure même sur le drapeau du Cambodge, ont inspiré les amateurs d’histoire et de civilisations perdues depuis des siècles. Le temple est entouré de douves qui représentent l’océan, et se compose d’un mur d’enceinte qui symbolise la chaîne de montagnes et d’un édifice principal dédié aux dieux qui s’apparente au « Mont Meru », littéralement « la montagne de dieu », censé représenter la demeure des divinités et le monde spirituel. Cette disposition qui peut intriguer est en réalité basée sur l’architecture hindouiste qui considère le temple comme le reflet du monde, un monde qui, selon les croyances, est entourée de sept océans (les douves) et sept chaînes de montagnes (le mur d’enceinte).
Angkor Wat était donc à l’origine un temple hindouiste, bâti à la fin du XIIe siècle par le célèbre roi-soleil khmer Suryavarman II et dédié à Vishnu, divinité protectrice. Lorsque l’empire khmer se convertit au bouddhisme, le temple est agencé pour correspondre aux nouvelles normes, tout en garantissant aux hindouistes le droit d’y prier : la statue de Vishnu est déplacée et remplacée par une statue de Bouddha. Ces deux statues peuvent d’ailleurs toujours être observées aujourd’hui, symboles du pluralisme religieux d’Angkor et de la foi qui animait et anime encore les millions de pélerins de divers horizons qui y ont mis les pieds .



La statue de Vishnu, déplacée à l’entrée (à gauche), les deux murs d’enceinte d’Angkor Wat (à droite).
Outre sa taille impressionnante, Angkor Wat se distingue des autres temples du site par son orientation : il est le seul bâti en direction de l’ouest, considéré dans l’hindouisme comme le bouddhisme comme le symbole de la mort et de l’au-delà. Plusieurs hypothèses se bousculent pour expliquer cette différence, parmi elles la volonté de ne pas faire de l’ombre au temple plus ancien qui se trouve en face d’Angkor Wat par respect pour les ancêtres, ou la possible présence de la tombe du roi Suryavarman II, mais aucune n’est clairement avérée.
LES TEMPLES MONTAGNES
Angkor Wat est un temple montagne, c’est-à-dire un temple érigé sur plusieurs niveaux qui symbolisent l’ascension au paradis. Chaque roi n’est autorisé à construire qu’un seul temple montagne dans sa vie, qui représente ses accomplissements et sa gloire, pour ne pas faire de l’ombre aux dieux et rester un minimum humble face au pouvoir divin. Les temples de Phimeanakas et Bayon sont également des temples montagnes, bâtis par d’autres souverains donc, au sein de l’ancienne cité d’Angkor Thom.




Tour du premier mur d’enceinte (haut-gauche), gravure d’une danseuse Apsara (haut-droite), intérieur du temple principal (bas-gauche), l’une des bilbiothèques d’Angkor Wat (bas-droite).
Les murs d’Angkor Wat sont finement gravés d’icônes hindouistes et bouddhistes et de scènes de vie des khmers de l’époque. À l’intérieur du mur d’enceinte, tu peux retrouver des représentations des fameuses danseuses Apsara, ces danseuses traditionnelles considérées comme les gardiennes de la culture khmère et qui furent quasiment éradiquées durant le régime des Khmers Rouges (en savoir plus). Le long des galeries du temple principal se trouvent également des bas-reliefs de défilés militaires organisés par le roi Suryavarman II pour afficher ses nombreuses et victorieuses batailles, remportées notamment contre les Viets (l’un des peuples de l’actuel Vietnam), et qui ont contribué à l’expansion de la puissance khmère.
Le temple d’Angkor possède également un grand parc parsemé d’anciennes dépendances en pierre, de palmiers et de deux bassins censés purifier l’âme et le corps de ceux qui s’y baignent. Lorsque l’on s’y promène, on peut y apercevoir des moines ainsi que des couples fiancés vêtus de tenues traditionnelles qui viennent y faire leurs photos de pré-mariage.
UN TRAVAIL INACHEVE
Bien que la construction d’Angkor Wat ait duré 37 ans, le temple est resté inachevé, peut-être par manque de moyens ou suite à la mort du roi Suryavarman II. À certains endroits sur les fresques murales, tu peux par exemple observer des cavités rectangulaires. Une hypothèse stipule que les graveurs s’étaient trompés mais qu’ils n’ont pas pu rectifier leur erreur suite à l’arrêt des travaux.
Ta Prohm, la jungle de pierre
Incontournable
Historique
Coup de Coeur
Nature

Durée de la visite : 1h
Contrairement à Angkor Wat et ses grands jardins ensoleillés, Ta Prohm est un temple envahi par la végétation. Ses bâtisses pour la plupart en ruines ou incomplètes sont maintenues en place grâce aux racines d’immenses arbres qui les maintiennent à l’ombre de leur plafond végétal, autorisant de ce fait la présence de mousse sur les pierres. Lorsque l’on s’y promène, on peut s’imaginer la fascination et la stupeur des premiers explorateurs qui découvrirent les vestiges de cette civilisation oubliée. Ta Prohm est un enchaînement de galeries à moitié effondrées, de cours jonchées de rochers autrefois joliment gravés et de pagodes millénaires similaires à celles de Wat Banan à Battambang qui fait rêver les visiteurs et inspire les archéologues et explorateurs.
Parmi les arbres qui poussent autour du temple, les plus impressionnants sont les fromagers, ces colosses au tronc pâle et aux racines massives s’entortillant autour de la pierre. Leur nom a été donné par des explorateurs français qui trouvaient que leurs racines s’apparentaient à du camembert coulant sur les temples. L’un d’entre eux à Ta Prohm est envahi par un ficus étrangleur, donnant lieu à un magnifique et tragique spectacle puisque les ficus étrangleurs sont des parasites qui étouffent lentement leur hôte jusqu’à ce qu’il meurt.




ANECDOTE
C’est dans ce temple que fut tourné le film Tomb Raider, inspiré du jeu vidéo Lara Croft. C’est pour ça que tu entendras sûrement le nom Tomb Raider’s Temple chez les organismes touristiques, même si l’on trouve ça vraiment dommage de réduire cette merveille à un lieu de tournage…
Phimeanakas et Baphuon, les doyens d'Angkor Thom
Historique
Intime

Durée de la visite (cumulé avec Bayon) : 1h30-2h
Situés dans l’antique cité d’Angkor Thom qui fut au Moyen-Âge la ville la plus peuplée du monde avec plus d’un million d’habitants, les temples de Phimeanakas et Baphuon ne comptent pas parmi les plus connus, mais ils fascinent par de nombreux aspects. Construits respectivement aux Xe et XIe siècles par les rois Rajendravarman II et Udayadityavarman II, ils sont tous les deux des temples montagnes de forme pyramidale à l’architecture très différente des grands Angkor Wat ou Bayon.



Phimeanakas n’est pas en très bon état, si bien qu’il n’est plus possible d’y monter, mais une légende continue d’alimenter l’imagination des visiteurs. A l’époque de sa construction, le roi Rajendravarman II, celui qui avait donc ordonné les travaux, reçut la visite de Naga, une divinité hindouiste représentée sous la forme d’un serpent à sept têtes, et qui est également la monture de Vishnu, le protecteur des hommes. Cette dernière lui annonça que lorsque le temple sera terminé, une terrible malédiction planera sur son royaume, apportant misère et désolation à son peuple, et que le seul moyen pour lui de l’empêcher était de grimper chaque soir les marches du temple jusqu’à son sommet pour s’unir à elle. Et c’est ce qu’il fit. Une fois l’édifice bâti, le roi s’isola tous les soirs pour rejoindre la déesse et faire son devoir. Cette légende, que l’on y croit ou nous, rappelle l’humilité que chaque femme et chaque homme doit avoir face au pouvoir divin, et que nul n’est au-dessus des dieux.
Baphuon quant à lui est beaucoup moins modeste. Avec ses 34 mètres de hauteur et son bouddha couché que l’on devine dans la pierre sur sa façade arrière, il fut avant la construction d’Angkor Wat le plus haut temple de la ville. Il est possible de grimper jusqu’à l’avant-dernier étage duquel l’on peut déjà admirer la grandeur du bâtiment et les cimes des arbres qui l’entourent.


ATTENTION AUX MARCHES
Les escaliers pour monter sur Baphuon sont très raides, et on peut vite avoir le vertige. Elles furent contruites de cette façon pour forcer les visiteurs à redescendre en marche arrière, c’est-à-dire face au temple et donc face aux dieux.
Bayon Temple, l'édifice aux mille visages
Incontournable
Historique

Durée de la visite (cumulé avec Phimeanakas et Baphuon) : 1h30-2h
Bâti au XIIIe siècle, Bayon est l’un des temples les plus récents d’Angkor, et pas moins impressionnant que Ta Prohm ou Angkor Wat. Très célèbre pour ses tours ornées de quatre visages de Bouddha qui regardent dans la direction des quatre points cardinaux, c’est un grand complexe et également un temple montagne qui fut construit par le roi Jayavarman VII. Il était en partie en rénovation lorsque nous l’avons visité et pourtant sa grandeur nous a épaté, alors on n’imagine même ce que ça sera lorsque les travaux seront terminés.



Les macaques crabiers, les rôdeurs d’Angkor Thom.
Dans le temple on peut apercevoir quelques détails qui peuvent passer inaperçus mais qui présentent un grand intérêt lorsque l’on connaît l’histoire du site d’Angkor. Lorsque l’empire khmer perd de son emprise et commence à décliner, l’hindouisme reprend de plus en plus de place et certains militants dégradent les statues de Bouddha gravées dans les temples ou les remplacent par des symboles hindouistes comme des lingas, ces phallus de Shiva qui sont synonyme de fertilité dans leur religion. Tu peux donc observer ces dégradations à de nombreux endroits dans le temple de Bayon qui fut particulièrement touché.
Dans l’une des galeries se trouve également une fresque magnifiquement gravée représentant une bataille décisive dans l’expansion khmère : la guerre contre le royaume de Cham, une nation aujourd’hui disparue dont on retrouve quelques vestiges dans le sud du Vietnam actuel. Ce qui est amusant, c’est qu’on y reconnaît bien évidemment des Khmers et des Chams, représentés avec des cheveux longs, mais aussi d’autres peuplades… notamment des Chinois ! C’est la toute première référence à Chinatown, ces diasporas chinoises installées aujourd’hui partout dans le monde, qui était une communauté très importante au sein de l’empire khmer.

THE END
Merci beaucoup d’avoir lu cet article jusqu’au bout ! Si ça t’a plu, n’hésite pas à le partager autour de toi et à nous suivre sur les réseaux, ça nous aide beaucoup. Si tu as le temps, jette un coup d’oeil à notre article sur Siem Reap, on t’explique tout ce qu’il y a à voir dans la région d’Angkor. Sinon, on te conseille d’aller voir notre article général sur le Cambodge, où l’on te partage tous nos conseils pour organiser au mieux ton séjour 😉.












