SEVILLE

La reine de l’Andalousie | Quatre jours pour explorer la capitale du Far West espagnol, sous les orangers chargés et le soleil de février

L’Espagne est un pays frontalier de la France, dont certaines régions sont fortement liées par une histoire et une culture commune. Pourtant, tout au sud du pays, dans la province enchanteresse de l’Andalousie, le dépaysement est frappant : un désert s’étalant à perte de vue digne des plus grandes étendues nord-américaines, une végétation luxuriante caractérisée par l’omniprésence de palmiers et d’orangers, des villes raffinées et colorées dont l’architecture imite les plus beaux palais du Moyen Orient… On s’y sent presque transporté. Et quoi de mieux pour ressentir ces ondes arabiques que de se rendre en plein cœur de la capitale andalouse ? A Séville, l’atmosphère est unique et exceptionnelle. A l’ombre des ruelles bordées de maisons toutes plus étonnantes les unes que les autres, on se promène à travers l’histoire, passant les portes d’une église aux fresques ultra-détaillées et à l’orfèvrerie flamboyante, se reposant sur les bancs du patio d’un palais semblé tout droit sorti d’un conte des mille et une nuits… Nous y sommes allés en février, lorsque le soleil ne frappe pas de son gant de plomb et que les orangers aux feuilles verdoyantes sont chargés de gros et lourds fruits juteux. Et honnêtement, c’était presque féérique ! Alors si toi aussi tu as prévu d’explorer l’Andalousie en hiver, lis bien cet article jusqu’au bout, puisque l’on t’y donne toutes les infos que tu dois savoir pour organiser ton séjour dans le Far West espagnol 😉.

Comment lire ce blog ?

On te rassure, notre blog n’est pas bien compliqué à lire. On a juste décidé de classer les activités et les lieux qu’on recommande en fonction de 6 catégories que tu peux retrouver tout au long de l’article sous le titre de l’activité ou du lieu en question.

Incontournable

Très populaire et iconique, ce lieu / activité est très apprécié(e) des voyageurs et, par conséquent, souvent touristique.

Historique

Ce lieu / activité a une forte importance historique, que l’on ressent pleinement en le visitant.

Coup de Coeur

Le lieu / l’activité que nous avons le plus apprécié, pour une raison ou pour une autre, et que nous recommandons fortement.

Intime

Ce lieu / activité est peu touristique, voire hors des sentiers battus, et permet d’en profiter en toute intimité.

Nature

Ce lieu / activité qui se déroule en pleine nature permet de se resourcer à l’écart de l’animation urbaine.

Sportif

Ce lieu / activité demande une bonne condition physique et/ou un effort soutenu.

Avis aux voyageurs : Nous tenions à rappeler que tout ce qui est écrit dans cet article relève uniquement de notre jugement, et ne doit pas constituer une généralité ou une vérité inébranlable. Chacun a le droit d’exprimer son opinion, et chacun perçoit les évènements à sa façon. Libre à toi, lecteur, d’apprécier notre avis comme bon te semble 😊.

Pour une expérience optimale, n’hésite pas à lire notre blog sur un ordinateur.

Petits tips pour préparer ton voyage

Légende

Comment se rendre à Séville ?

Séville se trouve dans le sud de l’Espagne, dans la province de l’Andalousie. Pour t’y rendre depuis la France, le plus simple est sûrement de prendre l’avion, même si tu peux également y accéder via le train, le bus ou la voiture.

En avion

C’est la méthode que nous avons choisie, et c’est celle qu’on te recommande si tu ne disposes pas de beaucoup de temps et que tu viens directement de France. Il n’y a qu’un seul aéroport à Séville, qui accueille des vols internationaux comme domestiques : l’Aeropuerto de Sevilla (SVQ), qui se trouve à une quinzaine de kilomètres du centre-ville. Pour y aller depuis Séville, on te conseille d’opter pour le taxi (via l’application Uber par exemple).

Un vol depuis la France coûte entre 150€ et 350€ aller-retour en basse-saison (comme en hiver, d’où l’intérêt d’y aller à cette période 😉). De nombreuses compagnies effectuent la liaison directe avec les principales villes françaises comme Paris Orly, Lyon, Marseille, Toulouse, Lille… Nous avions opté pour Easy Jet depuis Lyon, mais tu peux également choisir d’autres low-costs qui font largement l’affaire 😊. A titre d’exemple, un vol Séville-Paris Orly dure en moyenne 2h30.

AVIS AUX VOYAGEURS

Si tu veux avoir une vision globale des prix et des vols disponibles, on te conseille de regarder sur Sky Scanner. C’est le meilleur comparateur de prix qu’on ait trouvé. Attention : les prix qu’il indique sont souvent un peu plus bas que les prix réels proposés par les compagnies, mais dans l’ensemble c’est plutôt fiable 😉.

En train

On ne connaît pas grand-chose du train espagnol puisqu’on ne l’a pour ainsi dire jamais pris. En revanche, on peut te recommander la plateforme TrainLine qui synchronise les différents réseaux ferroviaires des pays européens et te propose le trajet idéal pour ton périple en train. Pratique si tu viens d’un autre pays 😊.

La gare de Sevilla Santa Justa se trouve à une vingtaine de minutes à pied du centre-ville. C’est également là que se trouvent la plupart des locations de voiture (notamment pour l’Alhambra 😉).

AVIS AUX VOYAGEURS

Si tu restes longtemps en Espagne et que tu as prévu de prendre le train régulièrement, regarde les offres qui existent concernant le Pass Interrail. Pour la faire courte, c’est un pass qui te permet de prendre un nombre illimité de fois le train dans le pays européen de ton choix (et l’Espagne en fait partie 😉).

En bus

Ce n’est pas la méthode la plus rapide ni la plus confortable, mais elle reste l’une des plus économiques. Plusieurs compagnies de bus (parfois de nuit) organisent des trajets un peu partout en Europe. Depuis la France, il ne doit pas exister de trajet direct, mais tu peux quand même te renseigner sur ce qui existe. On te recommande pour cela la plateforme TrainLine ou directement sur le site de la compagnie Flixbus (le leader du marché européen).

En voiture

Pratique si tu es parti pour un road-trip en Espagne ou même en Andalousie et que tu souhaites explorer le coin. Sinon, oublie si tu viens de France, c’est beaucoup trop loin. A titre d’exemple, compte 13h de route depuis Toulouse, la grande ville française la plus proche, alors imagine depuis Paris ou Lyon. Et même au-delà de la distance, rouler en voiture à Séville est un enquiquinement pas possible, entre les ruelles très étroites, la circulation compliquée et la quasi-absence de places de parking. Autant rester à pied, cela t’évitera bien des problèmes 😉.

Comment se déplacer à Séville ?

Même si Séville est la quatrième plus grande ville d’Espagne, la majorité de ses lieux d’intérêt se concentre dans les quartiers centraux de Santa Cruz, El Centro et La Macarena. Il est donc très facile de tout faire à pied, d’autant que la circulation au sein de la ville est très compliquée, voire impossible pour des non-habitués. La voiture ne te sera utile que pour te rendre à l’aéroport ou visiter les environs comme l’Alhambra de Grenade.

Pour ce qui est des transports en commun, aucun bus ni tram ne circule dans le centre historique puisque les rues ne sont tout simplement pas assez larges. Le réseau se contente uniquement de le contourner et de desservir les banlieues.

Combien de temps passer à Séville ?

Séville est une ville extraordinaire et offre un panel de monuments et de jardins à couper le souffle. Il y a donc largement de quoi satisfaire même les plus fervents voyageurs. De notre côté, nous y avons passé trois jours complets (hors Alhambra), et nous avons trouvé cette durée idéale : juste ce qu’il faut pour visiter la ville et prendre le temps d’en explorer les recoins cachés, sans s’ennuyer ou tourner en rond. Tu peux évidemment y rester plus longtemps pour découvrir d’autres palais ou églises (Séville en possède un sacré nombre !), ou profiter de temps supplémentaire pour arpenter la région. Nous avons par exemple choisi d’accorder une journée supplémentaire à l’Alhambra à Grenade, dont on te parle dans cet article.

Lire aussi

Quand partir à Séville ?

L’Andalousie est une région désertique du sud de l’Espagne, au climat rude et sec. La chaleur est donc une composante essentielle de sa météo presque tout le long de l’année. C’est un paramètre important à prendre en compte avant de choisir l’Andalousie pour ta prochaine destination. C’est aussi une province très touristique, et particulièrement Séville. La basse-saison (automne et hiver) est donc à viser en priorité, autant pour les prix pratiqués que le confort de visite.

  • En hiver (de décembre à mars) : c’est sans doute la meilleure période pour visiter l’Andalousie et Séville. Les températures oscillent entre 15°C et 20°C, le ciel est dégagé et la foule moins oppressante. A Séville, à partir du mois de février, les centaines d’orangers qui ombragent les rues sont chargés de fruits, ce qui donne l’impression de se promener dans un verger gigantesque.
  • Au printemps (d’avril à mai) : les températures augmentent progressivement et peuvent même facilement atteindre les 30°C à la fin du mois de mai. C’est aussi une période très touristique avec les jours fériés et les festivités religieuses, et les rues sont rapidement engorgées. Pas le moment idéal donc, même si le risque de pluie est moins important qu’en hiver ou en automne.
  • En été (de juin à août) : à fuir absolument ! Non seulement il y a du monde, mais en plus les températures grimpent rapidement jusqu’à 35-40°C ! Même si les rues de Séville sont construites pour abriter ses résidents de la chaleur en maintenant une ombre quasi constante, le climat peut être difficile à supporter. Le seul avantage, c’est qu’il ne pleut presque jamais en été 😉.
  • En automne (de septembre à novembre): une bonne alternative un peu plus chaude que l’hiver, et moins bondée que l’été. La pluie n’est que peu dérangeante, les températures, bien qu’elles continuent d’être élevées en septembre, descendent progressivement pour atteindre des niveaux agréables en octobre et novembre.

Où manger à Séville ?

L’Espagne, c’est le pays des tapas, et l’Andalousie ne fait pas exception ! Les cafés et bistros qui servent ces mets à partager sont très nombreux, et tu trouveras facilement de quoi te régaler ! N’oublie pas de goûter au jambon ibérique, c’est tout simplement le meilleur jambon qui existe 😉. Voici quelques bars à tapas validés situés entre les quartiers d’El Centro et de La Macarena, près de là où se trouvait notre hôtel 😊 :

Taberna Manzanilla

Un petit bar à tapas délicieux et pas cher, avec une terrasse sous les orangers pour échapper au soleil. On valide à 100% les patatas bravas et les tempuras de légumes, c’est juste une tuerie !

Bar 11 Sol

Abordable et situé au calme dans une ruelle ombragée, il est souvent difficile de faire un choix face aux variétés impressionnantes de tapas proposés. Le chef de salle est sympathique et te proposera sûrement un fromage pané, une spécialité de la région 😉.

CHia Brunch & Dreams

Moins abordable, ce petit établissement ne propose pas de tapas mais des sandwichs, bagels et pancakes qui font très bien l’affaire pour un petit déjeuner 😊. La salle est très agréable et située dans une ruelle calme.

Où dormir à Séville ?

Si on peut te donner un seul conseil pour trouver ton logement à Séville, ce serait reste dans le centre. Les hébergements restent abordables, et surtout tu pourras tout faire à pied, sans besoin d’avoir recours à un taxi ou une location de véhicule ! Les quartiers d’El Centro et de Santa Cruz sont les plus touristiques et les plus chers, mais tu peux regarder du côté d’Alameda de Hercules ou de La Macarena, les prix sont plus raisonnables et tu y seras plus au calme.

De notre côté, nous avions pris un appartement pour quatre personnes à la limite d’El Centro et de La Macarena. L’emplacement était génial (à la fois proche du centre et au calme) et l’isolation protège bien de la chaleur. On recommande 😉.

Carte de Séville

Il y a beaucoup, beaucoup de choses à voir à Séville, et entre les différents quartiers il est facile de se perdre. Pour t’aider et ne pas manquer les sites qui te plaisent, on te propose gratuitement une carte sur laquelle tu peux retrouver tous les sites dont on te parle dans cet article. Sers-toi, c’est cadeau 😉.

Séville, la reine de l'andalousie

Légende

Séville est la quatrième plus grande ville d’Espagne et pourtant, la majorité de ses sites d’exception se concentrent dans son étriqué centre historique, composé des quartiers de Santa Cruz, El Centro et La Macarena. Dans cet article, on te liste les lieux qui nous ont le plus marqué, mais libre à toi d’organiser ton itinéraire comme tu le souhaites. Et surtout, et c’est bon à savoir avant de préparer ton parcours, n’hésite pas à te perdre dans les ruelles et à sortir des grands axes touristiques. Honnêtement, c’est ce qui a occupé au moins 50% du temps que l’on a passé là-bas. Il y a tellement de ruelles étroites, de maisons colorées, de placettes cachées, de détails oubliés qu’une fois qu’on est sur place, on a envie de tout explorer. Alors n’oublie pas ce composant essentiel de toute visite à Séville, car la ville est un labyrinthe de merveilles qui se découvre en se perdant.

Santa Cruz, entre ruelles tortilleuses et jardins luxuriants

Couvrant la partie sud-est du centre-ville, Santa Cruz est un quartier unique et très contrasté. D’un côté, il abrite des ruelles parmi les plus étroites et ombragées de la ville, dont la grande majorité sont d’ailleurs piétonnes. De l’autre, il s’ouvre sur de grands boulevards et d’immenses parcs verdoyants qui s’alignent le long du canal Alfonso XIII. Mais ce cachet d’exception a un coût : c’est sûrement la zone la plus chère et fréquentée de Séville. Pour échapper à la foule, n’hésite pas à t’éloigner du coin de la Cathédrale et du Real Alcazar, et pense à t’enfoncer dans les détours des ruelles pour retrouver un peu de calme.

Tu peux prévoir une journée complète pour explorer les différents lieux et te perdre dans les ruelles.

Le Real Alcazar, résidence royale iconique

Incontournable

Historique

Nature

Joyau de la famille royale d’Espagne et pièce maîtresse de Santa Cruz, le Royal Alcazar est LA résidence palatiale iconique de Séville. Avec plus de 2 millions de visiteurs par an, c’est d’ailleurs l’un des monuments les plus visités d’Espagne ! Et honnêtement, on comprend pourquoi. Fort de plus de 1000 ans d’histoire, il a traversé les époques et les civilisations, tantôt occupé par les Romains, les dynasties arabes puis les rois chrétiens. Propriété de la famille royale espagnole depuis 1248, il fait toujours office de résidence officielle, mais s’il n’est que peu utilisé comme tel. Le Real Alcazar est également classé à l’UNESCO et, comme si ça ne suffisait pas, a servi de lieu de tournage pour la série Game of Thrones (il représentait les jardins du palais de Dorne, un royaume du sud du continent).

Composé de plusieurs palais de styles différents aménagés au gré des siècles par ses occupants successifs, son architecture s’inspire majoritairement du mudéjar, un croisement entre les arts islamiques et chrétiens, très présent dans le sud de la péninsule Ibérique. Le palais de Pierre Ier, construit au XIVe siècle par les dynasties arabes, en est l’exemple le plus marquant. Ses murs recouverts d’arabesques et ses patios entourés d’arcades et décorés de bassins alternent entre blancheur immaculée, plafonds de bois et bas-reliefs colorés qui rappellent les salles fortifiées des palais de l’Alhambra à Grenade.

En plus de ce chef d’œuvre architectural, le Real Alcazar abrite des palais et des jardins raffinés mélangeant tous les styles : baroque, renaissance… C’est une véritable oasis au milieu de la ville ! Ce dédale de verdure et de luxe se visite patiemment, en minimum 2-3 heures pour ne louper aucun détail 😉. Et même s’il y a souvent du monde, les dimensions extravagantes des espaces permettent aux visiteurs de se disperser facilement, si bien qu’on s’y retrouve rapidement seul au détour d’un couloir ou d’un bassin 😊.

AVIS AUX VOYAGEURS

On te conseille fortement de prendre tes billets en ligne au moins deux semaines à l’avance pour éviter une queue interminable à l’entrée et t’assurer d’avoir des places le jour que tu souhaites 😉. Tu peux le faire sur le site officiel du Real Alcazar

Les Jardines de Murillo et le balcon de Rosina

Historique

Nature

Adjacents au Real Alcazar, les Jardines de Murillo n’ont peut-être pas le faste et les dimensions de ce dernier, mais ils offrent une belle pause de verdure. Ils faisaient d’ailleurs autrefois partis du complexe palatial, avant d’être transformés en jardins publics au XIXe siècle. Des pans de l’ancien mur d’enceinte de Séville peuvent y être aperçus, ainsi que les iconiques perruches que l’on retrouve dans presque tous les espaces verts de la ville.

A l’entrée des jardins, tu peux également admirer une belle masure sur laquelle un magnifique balcon est accroché : le balcon de Rosina, associé à l’opéra « Le Barbier de Séville » de 1916 qui symbolise le romantisme et la frontière entre l’enfermement et la liberté.

Le Parque Maria Luisa

Incontournable

Nature

En traversant les Jardines de Murillo et le canal Alfonso XIII, tu arriveras dans un parc encore plus grand et encore plus imposant : le Parque Maria Luisa. C’est le plus grand jardin de Séville, qui faisait autrefois partie du palais de San Telmo. En 1893, il fut donné à la ville par l’infante Maria Luisa et réaménagé au début du XXe siècle pour accueillir l’Exposition ibéro-américaine de 1929 (on t’en parle plus en détail juste après). Ses différents espaces s’étalent sur plus de 30 hectares d’allées, de fontaines, de bassins et de jardins botaniques abritant palmiers, orangers et plantes exotiques. Il est d’ailleurs très apprécié des Sévillans, qu’ils soient humains, perruches, paons ou écureuils 😉.

La Plaza de España

Incontournable

Historique

Coup de Coeur

Au cœur du Parque Maria Luisa se dresse une esplanade emblématique de Séville : la Plaza de España. Construite entre 1914 et 1928 à l’occasion de l’Exposition ibéro-américaine de 1929 par l’architecte Anibal Gonzalez, elle était le centre névralgique de cette dernière et la place la plus symbolique de la ville. Bâtie en arc-de-cercle de presque 200 mètres de diamètre, elle est sillonnée d’un petit canal traversé par quatre ponts représentant les anciens royaumes espagnols (Castille, Aragon, Navarre et Leon).

ANECDOTE HISTORIQUE

L’Exposition ibéro-américaine qui a eu lieu entre 1929 et 1930 est une exposition internationale organisée par l’Espagne et qui a pris place à Séville. L’objectif pour le pays était de montrer une image moderne et puissante sur la scène internationale, et de renouer avec ses anciennes colonies d’Amérique latine devenues indépendantes.

Tout autour de la place, une immense structure composée d’arcades monumentales et encadrée de deux hautes tours semblées tout droit sorties d’un conte de fées s’étale tel un palais digne des plus grands monarques, mélangeant les styles architecturaux dans une parfaite harmonie. Une impressionnante galerie couverte la parcourt d’une tour à l’autre et rejoint un escalier majestueux qui amène les visiteurs au premier étage du palais central, offrant un point de vue exceptionnel sur l’esplanade. Au pied du palais, un ensemble de scénettes en céramique figurent toutes les provinces d’Espagne dans un magnifique dégradé de bleu et de jaune.

La Plaza de España est entièrement gratuite et, bien que très fréquentée, suffisamment grande pour ne pas ressentir la foule. Le mieux est d’y aller en fin d’après-midi, lorsque la lumière dorée du soleil rend le mieux hommage aux arcades de brique.

La Torre del Oro et le canal Alfonso XIII

Historique

Haute de 36 mètres et de forme dodécagonale (12 côtés), la Torre del Oro est un membre singulier de la sky-line de Séville. Elle fut construite vers 1220 par la dynastie musulmane almohade et servait alors de tour de défense. Sa position stratégique sur la rive du fleuve Guadalquivir lui permettait de contrôler le trafic du cours d’eau et de protéger la ville en cas d’attaque par ce dernier. Aujourd’hui, c’est l’un des derniers vestiges des fortifications médiévales de Séville.

A ses pieds coule le Guadalquivir, d’une longueur de 657km qui traverse toute l’Andalousie pour se jeter dans l’océan Atlantique. C’est le cours d’eau qui a fait la fortune et l’importance de la ville. A l’endroit où se dresse la Torre del Oro, le fleuve est enserré dans le canal Alfonso XIII, un hors d’œuvre monumental construit au début du XXe siècle pour faciliter la navigation et contrôler les inondations.

El Centro, concentré d'histoire et de pouvoir

Le quartier central d’El Centro est le quartier historique de Séville. C’est ici qu’on y trouve ses bâtiments les plus farfelus, ses monuments les plus importants et le cœur de la vie urbaine. Comme le quartier de Santa Cruz, El Centro s’explore au gré des envies. Les visiteurs s’y promènent sans vraiment savoir où aller, attirés par la devanture intrigante d’une boutique, la façade extravagante d’une bâtisse ou le fumet appétissant d’un tapas prêt à être dévoré. Sur une grande partie du quartier, notamment autour de la Cathédrale, les rues s’élargissent en avenues et les immeubles s’agrandissent, grattant presque un ou deux étages de plus par rapport aux maisons plus traditionnelles typiques des villes andalouses.

Tu peux prévoir une journée complète pour explorer le quartier, avec une pause tapas bien méritée 😉.

La Cathédrale de Séville et sa Giralda

Incontournable

Historique

Coup de Coeur

Avec ses 132 mètres de long et ses 83 mètres de large, la Cathédrale de Séville est la plus grande cathédrale gothique du monde (par volume). Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle fut construite entre 1401 et 1506 sur l’emplacement d’une ancienne grande mosquée musulmane dont on peut encore apercevoir quelques vestiges. Ses façades extérieures en pierre blanche contrastent fortement avec ses voûtes intérieures monumentales mais beaucoup plus sombres. Parmi les chefs d’œuvre qu’elle abrite, on peut notamment compter le tombeau de Christophe Colomb (vide mais symbolique), porté par quatre massives statues, ou encore le retable majeur, le plus grand et somptueux retable en or au monde. N’oublie pas non plus de faire un tour dans la sacristie qui est selon nous la plus belle pièce de l’édifice 😉.

Parmi les vestiges de l’ancienne mosquée, le plus frappant est sans doute la Giralda, l’ancien minaret construit sous la dynastie musulmane almohade et converti en clocher chrétien après la Reconquista au XIIIe siècle. L’architecture islamique se reconnaît d’ailleurs facilement, à part sur la partie supérieure de style Renaissance où se trouvent les cloches et qui fut rajoutée au XVIe siècle. Cette tour de 104 mètres de haut est la plus haute de la ville et peut être aperçue de très loin ! Un escalier étroit permet d’y monter, à condition de ne pas être cardiaque 😉. La vue à son sommet est à couper le souffle : Séville s’étend à ses pieds et sur des kilomètres, et on aperçoit quelques-uns de ses monuments les plus emblématiques (le Real Alcazar, l’arène, la Plaza de España…). L’accès à la Giralda est inclus dans le billet d’entrée de la Cathédrale.

AVIS AUX VOYAGEURS

En plus de la Cathédrale et de la Giralda, le billet d’entrée donne également accès à l’église del Divino Salvador, à une dizaine de minutes à pied de là 😉.

Autre vestige de l’ancienne mosquée, et pas des moindres, le Patio des Orangers, où se tenait autrefois la cour principale du bâtiment. Peuplé d’orangers (comme son nom l’indique), il s’étend au pied de la Giralda et de la Cathédrale et offre un joli contraste de verdure et d’architecture qui vient sublimer la visite du complexe.

AVIS AUX VOYAGEURS

On te conseille fortement de prendre tes billets en ligne au moins deux semaines à l’avance pour éviter une queue interminable à l’entrée et t’assurer d’avoir des places le jour que tu souhaites 😉. Tu peux le faire sur le site officiel de la Cathédrale.

L'Avenue de la Constitution et ses façades farfelues

Incontournable

Historique

Coup de Coeur

Longeant la Cathédrale sur son flanc ouest, l’Avenue de la Constitution est l’un des boulevards les plus célèbres de Séville. Il trace son chemin de l’hôtel de ville jusqu’à presque atteindre le canal Alfonso XIII, et structure le quartier d’El Centro. Mais surtout, il figure les façades les plus farfelues et insolites de la ville, mélangeant tous les styles architecturaux. C’est un passage incontournable dans le centre historique de Séville que tu seras certainement amené à emprunter. Alors lève la tête et admire les bâtisses, car on ne voit pas ce genre de maisons tous les jours 😉.

La Plaza el Cabildo

Intime

Cette petite placette aux allures de cour privée est l’une des pépites les mieux cachées de Séville. Attenante à l’Avenue de la Constitution, on y accède via un étroite passage voûté au milieu d’une bâtisse, pour ressortir dans un espace étonnant en arc de cercle sur lequel donne une série de balcons. Un détail amusant et un léger détour après une visite de la Cathédrale 😊.

La Plaza de Toros et ses arènes

Incontournable

Malheureusement, l’Andalousie est aussi célèbre pour la corrida, ces spectacles macabres où un homme en costume extravagant épuise et taillade un taureau avant de le mettre à mort devant des centaines de personnes enjouées. On avoue ne pas bien saisir l’intérêt ni le concept, et on ne te recommande pas d’aller voir ce genre de représentation dont nous ne sommes pas du tout fans. Si on te parle de l’arène ici, c’est plus pour le caractère architectural du bâtiment que pour toute la symbolique derrière. Même si nous n’y sommes pas allés, nous l’avons aperçu depuis le sommet de la Giralda et la façade des arènes de Séville attire le regard. On ne te conseille pas spécialement d’y faire un tour, mais si tu ne passes pas loin tu peux toujours faire un crochet pour aller admirer sa façade (et pas plus 😉).

L'Ayuntamiento de Séville

Historique

Intime

A première vue, la mairie n’est pas toujours le bâtiment le plus intéressant d’une ville. Mais à Séville, chaque édifice est une merveille devant laquelle s’extasier, et l’hôtel de ville n’échappe pas à la règle. Situé à cheval sur la Plaza Nueva et la Plaza de San Francisco, il offre une façade très contrastée entre les deux esplanades. D’un côté, le style néoclassique plus sobre et symétrique domine une extension du XIXe siècle, tandis que de l’autre, l’édifice original fait figure de ses plus beaux bas-reliefs dans un style plateresque du XVIe siècle. Autour de l’hôtel de ville, on peut notamment apercevoir la magnifique Banque d’Espagne dont l’entrée est gardée par deux immenses arbres taillés de manière cubique.

La Iglesia del Divino Salvador

Historique

Intime

L’église del Divino Salvador ne se compte parmi les monuments emblématiques de Séville, et pourtant elle est la deuxième plus grande église de la ville après la Cathédrale. Son style baroque très opulent et sa magnifique coupole illuminée en font tout le charme, et on te conseille vraiment d’y faire un tour pour voir tout ça par toi-même. D’autant que l’accès à l’église est inclus dans le billet d’entrée de la Cathédrale 😊.

La Iglesia de San Ildefonso

Historique

Intime

Une autre église du quartier d’El Centro, dans un style très andalou : façade peinte en rouge et jaune, encadrée par deux grands clochers, et coupole massive à l’arrière. Nous n’y sommes pas rentrés, mais l’extérieur a suffi pour nous séduire. N’hésite pas à y passer, elle vaut le détour 😉.

La Casa de Pilatos

Historique

Nous ne sommes pas entrés dans la Casa de Pilatos car il n’y avait plus de place (on ne s’y est pas pris à l’avance cette fois-ci). Cependant, en jetant quelques discrets coups d’œil à travers la grille de l’entrée, on a pu entrapercevoir un joli patio typique des villas historiques andalouses. On te laisse y faire un tour pour te faire ton avis, mais s’il s’apparente au Palacio de las Dueñas, c’est le coup de cœur garanti !

La Macarena, le quartier des églises

Quartier principalement résidentiel, La Macarena est plus récent que Santa Cruz ou El Centro, mais ne manque pas de monuments historiques. Son point fort, ce sont les églises : on ne compte même plus toutes celles que l’on a pu croiser au détour d’une rue ou d’une petite placette ! Pas besoin de plan pour visiter le quartier : laisse-toi simplement guider par les clochers qui dépassent des immeubles, et tu pourras ainsi naviguer d’église en église en passant dans de jolies ruelles colorées à l’ombre des orangers (c’est honnêtement là où on en a vu le plus !).

Tu peux prévoir une grosse demi-journée pour explorer La Macarena et ses différentes églises 😊.

La Iglesia de Santa Catalina

Historique

Intime

En venant du quartier d’El Centro, c’est sûrement la première sur laquelle tu vas tomber, et c’est le parfait exemple des églises sévillanes : un édifice blanc décoré de croix côtoyant un minaret issu de l’architecture arabe. L’église de Santa Catalina reste discrète mais c’est encore une fois une preuve du musée à ciel ouvert qu’est la ville de Séville.

La Iglesia de Nuestra Señora de la Consolacion

Historique

Intime

Cette église à la façade entièrement jaune est enfoncée dans une étroite ruelle et décorée de jolie statues entourant la porte principale. Une tour unique fait office de clocher, toujours dans l’architecture typique andalouse.

El Palacio de las Dueñas

Incontournable

Historique

Coup de Coeur

Nature

Parmi les écrins de verdure enfouis au milieu de la ville, le Palacio de las Dueñas est sûrement l’un des plus secrets. Dissimulés derrière de hauts murs et un discret portail, il n’est en apparence qu’une simple maison entourée de végétation. Mais lorsque l’on y pénètre, c’est le coup de cœur assuré ! Orangers et autres arbres fruitiers côtoient les plus belles fleurs d’Andalousie dans un jardin secret parsemé de fontaines et de bassins, et dominé par un gigantesque ficus centenaire. Au milieu de ce parc luxuriant trône un imposant complexe de bâtisses à la façade en apparence très sobre, mais à l’intérieur luxueux et raffiné. En son centre, le summum de la visite se concentre autour d’un magnifique patio d’un jaune éblouissant mélangeant le mudéjar et des styles andalous un peu plus modernes, dans lequel poussent palmiers et arbustes exotiques, et entouré de fines arcades derrière lesquelles sont exposés des objets de décoration allant de tableaux à des têtes de taureaux.

Construite à la fin du XVe siècle, la villa entre au XVIe siècle en possession d’une des plus riches et puissantes familles nobles d’Espagne : la Maison d’Albe. Elle devient alors un haut lieu d’aristocratie et leur résidence pendant plusieurs siècles, avant d’être finalement ouverte au public.

AVIS AUX VOYAGEURS

On te conseille fortement de prendre tes billets en ligne au moins une semaine à l’avance pour t’assurer d’avoir des places le jour que tu souhaites 😉. Tu peux le faire sur le site officiel du Palacio.

La Iglesia San Luis de los Franceses

Historique

Coup de Coeur

Intime

Dire qu’on a failli ne pas visiter cette pépite ! Bien que sa coupole monumentale soit visible de loin, elle n’est pas forcément facile à trouver 😉. Heureusement qu’on s’est décidés à la chercher, parce qu’il ne fallait surtout pas que l’on rate un tel chef d’œuvre d’architecture ! A première vue, la façade ne fait pas spécialement rêver : elle est sobre et classique, entourée de deux tours surmontées d’un dôme. Mais à l’intérieur, c’est une tout autre histoire ! Un rayon de lumière y met en avant la pièce maîtresse de l’église : l’intérieur de la coupole centrale, décoré à un niveau de détail inouï. On est restés un long moment les yeux levés, admirant sans voix cet édifice juste magnifique.

En plus de la nef principale, une série de couloirs emmène les visiteurs à travers des expositions sur la chrétienté et même une crypte où tu peux apercevoir les toutes premières fondations de l’église !

La Basilica de la Macarena

Incontournable

Historique

Plus récente que les autres églises sévillanes, la basilique de la Macarena affiche un façade simple blanche et jaune dans un style très andalou. A l’intérieur, l’entièreté de l’édifice est tournée vers une figure centrale : la Vierge de la Macarena, une sculpture datant de la fin du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle représentant la Vierge Marie en pleurs. Extrêmement populaire auprès des croyants, elle est considérée comme une icône majeure de la dévotion locale.

Alameda de Hercules, un quartier plus résidentiel

Beaucoup plus tranquille que les autres quartiers de Séville, Alameda de Hercules ne présente pas énormément d’intérêt, à part pour quelques endroits sympathiques où se retrouver au calme. On te conseille d’y faire un tour si tu as du temps en plus ou si tu y loges 😊.

Las Setas

Incontournable

Las Setas (« Les Champignons » en espagnol) sont une gigantesque structure en bois d’environ 150 mètres de long, 75 mètres de large et 28 mètres de haut. Elle peut même être considérée comme l’une des plus grandes structures en bois du monde ! Son vrai nom est Metropol Parasol, et elle a été conçue par l’architecte allemand Jürgen Mayer entre 2005 et 2011 (oui, c’est assez récent par rapport à la moyenne d’âge des bâtiments sévillans 😉). Elle s’étend sur une grande place et offre une zone d’ombre bien agréable par fortes chaleurs. Mais surtout, un mirador se trouve à son sommet et permet aux visiteurs d’admirer un point de vue incroyable sur la ville et ses monuments ! Nous n’y sommes pas montés, mais ça doit valoir le coup, surtout au coucher du soleil 😊.

Alameda de Hercules

Intime

Cette grande place tout en long offre une halte bien méritée dans une terrasse d’un des nombreux bars à tapas qui l’entourent. Quatre hautes colonnes (les « colonnes d’Hercule ») se dressent à chaque extrémité de la place, dont deux sont issues d’un ancien temple romain et surmontés d’une statue d’Hercule (le fondateur mythique de Séville) et Jules César ! Les deux autres ont été ajoutées au XVIIIe siècle et arborent les armoiries de la ville et de l’Espagne.

Les quais du Guadalquivir

Intime

Le Guadalquivir est le fleuve qui traverse Séville et qui a donné à la ville toute son importance et sa puissance. Dans le quartier d’Alameda de Hercules, une promenade à l’ombre permet de longer le cours d’eau jusqu’au centre historique, en passant devant les arènes et la Torre del Oro. Une chouette idée de promenade à garder dans le coin de la tête si jamais tu t’ennuies 😉.

Histoire de l'Andalousie en bref

Quand on voyage, on visite souvent des vestiges du passé. Mais ce qui est dommage, c’est que l’on ne sait souvent pas grand-chose de l’histoire du pays que l’on découvre, alors même que connaître les évènements marquants que cette nation a vécu est souvent essentiel pour comprendre la culture et le fonctionnement de sa société. Dans ce paragraphe, on te raconte une version raccourcie de l’histoire de l’Andalousie, qui contient les éléments les plus importants qui ont façonné la région. Si tu es intéressé, tu peux bien sûr consulter d’autres sources plus complètes et détaillées qui, elles, sont spécialisées dans ce domaine.

Des origines très anciennes à l'occupation romaine

La région de l’Andalousie est occupée par les humains depuis la Préhistoire. Son emplacement entre l’Afrique et l’Europe en fait un point de passage incontournable pour toute civilisation évoluant dans les environs. Vers 900 av. J-C, les Phéniciens fondent la ville de Cadiz (alors appelée Gadir), sur les bords de la Méditerranée. C’est le début de l’expansion commerciale de la région. Progressivement, plusieurs peuples en prennent possession et utilisent la localisation stratégique de l’Andalousie pour étendre leur influence : Grecs, puis Carthagénois, et enfin, Romains. Ces derniers s’y installent vers 210 av. J-C et y fondent la province Hispania Baetica. Rattachée à une puissante nation, la région peut enfin prospérer à plein régime et se hisse rapidement parmi les plus riches de l’Empire. L’agriculture avec l’huile d’olive et le vin et les mines d’argent et de cuivre font tourner l’économie. Le Guadalquivir devient un axe commercial essentiel, et les villes comme Séville ou Cordoue profitent de cet élan pour s’agrandir et tirer l’importance du fleuve à leur avantage.

ANECDOTE HISTORIQUE

L’Andalousie prend une place de plus en plus importante au sein de l’Empire romain. Deux empereurs mythiques, Trajan et Hadrien, y sont d’ailleurs nés.

Les invasions barbares et les Wisigoths

Après la chute de Rome au Ve siècle, l’Empire vole en éclats. La péninsule ibérique est alors répartie entre les différents peuples barbares qui l’occupent. D’abord sous bref contrôle des Vandales, l’Andalousie passe rapidement sous l’emprise des Wisigoths, qui tentent tant bien que mal de ramener de la stabilité dans la région et d’exploiter les avantages que les Romains avaient su utiliser. Ils ancrent durablement le christianisme dans les mœurs locales, mais l’instabilité politique demeure, et le royaume ne tarde pas à s’effondrer suite à l’arrivée d’un acteur majeur qui va redéfinir durablement la destinée de l’Andalousie.

Al-Andalus : l'âge d'or de l'Andalousie

En 711, un nouveau personnage fait son entrée dans l’histoire de l’Andalousie : Tariq ibn Ziyad, meneur d’une armée arabo-berbère venue d’Afrique du Nord. Le royaume des Wisigoths ne fait pas le poids face aux forces musulmanes et est rapidement contraint de céder son territoire au nouvel arrivant. La péninsule ibérique est conquise et devient alors un territoire musulman. Sous l’égide arabe, l’Andalousie prend de l’importance et instaure sa place de centre névralgique des terres conquises. En 756, elle voit naître l’émirat de Cordoue, puis le califat de Cordoue en 929. Cette dernière est alors l’une des plus grandes et influentes villes du continent. On y entreprend de grandes avancées en médecine, en mathématiques, en philosophie… C’est l’âge d’or culturel et scientifique de la région, et l’un des meilleurs exemples de cohabitation (plus ou moins pacifique) entre musulmans, chrétiens et juifs.

Mais cette période d’apogée ne dure pas éternellement. En 1031, le califat s’effondre et se fragmente en petits royaumes (des taïfas). La région replonge dans l’instabilité politique et, malgré les tentatives de réunification des dynasties nord-africaines des Almoravides et Almohades entre le XIe et le XIIIe siècle, rien n’y fait : Al-Andalus n’est plus.

La Reconquista

A partir du XIIIe siècle, les royaumes chrétiens du nord de l’Espagne reconquièrent progressivement la péninsule ibérique. Les troupes musulmanes se retrouvent rapidement et difficulté et se réfugient tout au sud de l’Andalousie, à Grenade, où ils y construisent leur dernier bastion : l’Alhambra. Mais la ville ne tient pas. En 1492, les armées espagnoles reprennent Grenade et chassent les musulmans de la péninsule, mettant fin à près de 8 siècles de présence arabe dans la région.

Lire aussi

Suite à ça, l’Andalousie devient partie du royaume chrétien de Castille. Les villes de Séville et Cadix prennent de l’importance dans le commerce avec le Nouveau Monde de par leur emplacement entre la Méditerranée et l’Atlantique. Cordoue et Grenade perdent quant à elles leur influence, et des milliers de juifs et de musulmans sont expulsés. Malgré un siècle de richesse et de prospérité, le déclin et la pauvreté ne tardent pas à pointer le bout de leur nez.

Une Andalousie marginalisée

L’économie de l’Andalousie est principalement basée sur l’agriculture, et détenue par les grandes propriétés. Avec la Révolution Industrielle et le développement du nord de l’Espagne, le sud, rural et moins moderne, est mis à l’écart. La pauvreté s’installe et le niveau de vie des Andalous décline fortement. En 1936, lorsque la Guerre Civile éclate, la région est durement touchée, et son état ne s’arrange pas, surtout sous le régime autoritaire franquiste de 1939 à 1975. Face aux répressions, à la famine et à la pauvreté, des milliers de résidents fuient l’Andalousie et remontent vers le nord du pays, plus riche et attrayant.

Transition démocratique et prise d'autonomie

En 1975, à la mort de Franco, la dictature s’effondre. La démocratie reprend ses droits et l’Andalousie redémarre peu à peu. En 1982, elle devient officiellement une région autonome de l’Espagne. Elle connaît vers la fin du XXe siècle un développement économique important avec l’essor du tourisme et la mise en place d’infrastructures modernisées. Son identité culturelle unique plaît et étend son influence dans le monde entier. Le patrimoine andalou fait rêver les voyageurs du monde entier. La région devient l’une des plus visitées d’Espagne avec la Catalogne, accueillant chaque année près de 10 millions de touristes étrangers.

THE END

Merci beaucoup d’avoir lu cet article jusqu’au bout ! Si ça t’a plu, n’hésite pas à le partager autour de toi et à nous suivre sur les réseaux, ça nous aide beaucoup ! Et si l’Andalousie t’intéresse, n’hésite pas à aller voir cet article sur une merveille à deux heures de route de Séville 😊.

AUTRES ARTICLES SUR L’

La Galerie

0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

N'hésite pas à nous épingler sur Pinterest 😉

A propos

Nous c’est Alix et Tristan, deux passionnés de voyage. Si tu kiffes voyager et que tu cherches des infos pratiques et astuces en tout genre pour t’accompagner dans tes expéditions, alors tu es au bon endroit !

Un petit clic pour s’abonner, ça fait toujours plaisir 😉 

0
Nous aimerions avoir ton avis ;)x